FRANCK NOTO (ZEST)

La couleur, une essence, et le geste, son moteur. Zest est l’ambassadeur d’une peinture qui dévale librement les longues et fébriles routes de l’abstraction. Défiant toute idée de stagnation esthétique, c’est avec rigueur qu’il s’emploie à peindre une œuvre qui synthétise ses influences diverses. Une œuvre qui donne vie à un style unique et identifiable. Ce montpelliérain de naissance pratique une peinture résolument abstraite sans perdre de vue les premières heures du graffiti et ses élans figuratifs qui l’ont vu grandir. 1995, 15 ans à peine donc, c’est fort d’un atout imparable, celui du dessin, que Zest tombe nez à nez avec les premiers graffs et les tags d’une génération pionnière. Ces souvenirs perceptibles de la bombe qui s’agite dans le sac à dos, la rétine qui se ballade le long des terrains vagues, façonnent à jamais un jeune homme qui y voit l’occasion d’affirmer une personnalité artistique déjà marquée par son entourage familial.
Lorsque son père reproduisait fidèlement chez lui les Dali, c’est tout jeune qu’il s’attachait à éduquer son œil et son coup de main, de manière autodidacte. Plus tard, avec son équipe des TDM, il s’entoure d’une ambiance fraternelle et d’une douce concurrence qui l’amène à signer des fresques de New York jusqu’à Nouméa et les principales capitales européennes. De murs de plus en plus hauts à des projets de plus en plus nombreux, le style Zest s’affine et pousse les codes classiques du graffiti jusque dans ses retranchements. Depuis son atelier, il travaille avec cette émotion des premières fois un style qui convainc même les éternels réticents de l’art abstrait. Son univers n’est autre que celui de la suggestion : les lettres de son pseudonyme, quelques formes cubiques par-ci par-là, mais surtout des contours féminins. Impossible alors de ne pas évoquer Mode 2 et ses personnages aux attitudes si singulières. Avec une absolue maitrise du geste et des proportions, les postures les plus sophistiquées se succèdent, preuve ainsi que Zest aiguise depuis des années un sens de l’observation. Sous ses nombreux outils (marqueur, rouleau, bombe en spray, brosse et pinceau), les courbes d’une femme se voient généreusement magnifiées, quand bien même celle-ci reste insaisissable dans ce flot de couleurs et de lignes. C’est à ce point précis que s’exprime le caractère expérimental de Zest et son attrait pour l’abstraction.

Ses compositions s’érigent autour du geste, réminiscence contemporaine d’un graffiti wild-style l’ayant sûrement marqué. Ces traits assurés qui croisent des projections de peinture, mordant alors sur des aplats rigoureusement appliqués, Zest nous confronte ici à l’aboutissement d’une œuvre mûrement pensée, presque méditée. Une abstraction des formes qu’il projette même en sculpture, où il trouve un nouveau moyen de perpétuer ses ambitions exploratrices. Il y a là quelque part des œillades lancées aux travaux de Mist, ou encore Smash 137. Aussi, l’univers du design de mobilier ne le laisse pas indifférent, en témoigne sa collaboration avec Philippe Starck en 2014. Mais parler du travail de Zest s’accompagne de toute évidence d’un discours sur la couleur, une honorable obsession chez lui. Zest conjugue les couleurs comme si c’était des mots, et diffuse avec grâce un langage visuel structuré, nuancé et volontiers pétillant. Un langage désormais identifiable, revigorant. Avouant un faible pour les teintes les plus fluos, il révèle une recherche remarquable d’associations de couleurs en travaillant des dégradés ou des clairs-obscurs. De tons pastels à des tons plus francs, jusqu’à même se risquer à l’exercice du noir, blanc et gris, les compositions de Zest attirent l’œil et nous flattent par tant d’harmonies. A la croisée des influences qu’il puise dans l’entière histoire de l’art, le travail de Zest convoque un aspect technique indéniable, héritage de ces longues années de constance et de curiosité. Sa peinture enrichit le mouvement du graffiti contemporain tout comme les collections de passionnés de peinture au sens large. Capable de créer, de faire évoluer son style et d’écouter ses propres aspirations plastiques, on salue volontiers la maladresse académique de l’école des Beaux-Arts qui, en 1999, ferme ses portes à un jeune Franck Noto alors plein de promesses. Des promesses qu’il honore désormais avec talent.

D’après Sabella Augusto

Color, an essence, and gesture, its engine. Zest is the ambassador of a painting that freely descends the long, feverish roads of abstraction. From any idea of ​​aesthetic stagnation, it is with rigor that he works to paint a work that synthesizes its various influences. A work that gives life to a unique and identifiable style. This native of Montpellier practices resolutely abstract painting without losing sight of the first hours of the graph and its ans gurative impulses that saw it grow. 1995, barely 15 years old, so it is with an unstoppable asset, that of drawing, that Zest comes face to face with the first graffiti and tags of a pioneering generation. These perceptible memories of the bomb swaying in the backpack, the retina wandering along the vacant lots, forever shape a young man who sees it as an opportunity to assert an artistic personality already marked by those around him. familial.
When his father reproduced the Dali at home, it was at a young age that he set about educating his eye and his helping hand, in a self-taught way. Later, with his CT team, he surrounded himself with a fraternal atmosphere and fierce competition that led him to sign frescoes from New York to Noumea and major European capitals. From ever higher walls to more and more numerous projects, the Zest style fades and pushes the classic codes of the graphic to its recesses. Since his workshop, he has been working with this emotion for the first time on a style that convinces even the eternal reluctant of abstract art. Her universe is none other than that of suggestion: the letters of her pseudonym, a few cubic shapes here and there, but above all feminine outlines. It is impossible then not to evoke Mode 2 and its characters with such singular attitudes. With absolute mastery of gesture and proportion, the most sophisticated postures follow one another, proof that Zest has for years sharpened a sense of observation. Under her many tools (marker, roller, spray bomb, brush and paintbrush), a woman’s curves are generously magnified, even though she remains elusive in this ot of colors and lines. It is at this precise point that the experimental character of Zest and his attraction to abstraction are expressed.

His compositions revolve around gesture, a contemporary reminiscence of a wild-style graf ant ti that must have marked him. These assured features that intersect with projections of painting, then biting on rigorously applied flats, Zest confronts us here with the culmination of a carefully thought out, almost meditated work. An abstraction of the forms he projects even into sculpture, where he finds a new way to perpetuate his exploratory ambitions. There are some glances at Mist’s work, or Smash 137. Also, the world of furniture design does not leave him indifferent, as evidenced by his collaboration with Philippe Starck in 2014. But talking about the work of Zest s ‘obviously accompanies a speech on color, an honorable obsession with him. Zest conjugates colors as if they were words, and gracefully diffuses structured, nuanced, and willingly sparkling visual language. A language now identifiable, invigorating. Admitting a weakness for the most uos hues, he reveals a remarkable search for color associations by working with gradients or chiaroscuros. From pastel tones to more candid tones, to the point of risking the exercise of black, white and gray, Zest’s compositions catch the eye and keep us alert with so many harmonies. At the crossroads of the influences he draws from the entire history of art, Zest’s work summons an undeniable technical aspect, a legacy of these long years of constancy and curiosity. His painting enriches the movement of contemporary graphics as well as the collections of painting enthusiasts in the broadest sense. Able to create, to evolve his style and to listen to his own plastic aspirations, one gladly salutes the academic awkwardness of the School of Fine Arts which, in 1999, closed its doors to a young Franck Noto then full of promise. Promises he now honors with talent.

According to Sabella Augusto

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